AU REVOIR, ADISIATZ, KENAVO
BENEDICTE
Brutalement éteinte, ta précieuse
voix ! Envolée, ton efficacité de service !
Effacées, ta discrétion et ta
bienveillance !
Fermés tes beaux et grands yeux qui
illuminaient ton visage et par lesquels tu laissais entrevoir
les émotions que tu voulais bien partager avec la force
intérieure qui t’habitait.
Dans la lumière de ton souvenir, brillent
aussi pour nous ta générosité et ton humour chti !
Brutales pertes et riches apports de ta vie,
pour nous, Ar Vag, pour tes amis, et surtout pour ta famille.
Comment évoquer, sans incrédulité, sans rage,
l’espérance chrétienne dont tu te nourrissait? Comment ne pas
crier, une fois encore, à l’injustice de la vie ?
Il existe peut-être un chemin apaisant.
Celui que tu as tracé dans l’hommage que toi
et tes enfants ont rendu à Philippe, ton mari, leur père, lui
aussi très, trop rapidement emporté.
Ce chemin c’est l’hymne à l’amour que
vous avez magnifié et que nous avez transmis lors de ses
obsèques en novembre 2022.
L’amour ne fait pas de bruit, il rayonne et
fait un bien fou !
Discrétion, forte intériorité, joyeuse
diffusion du plaisir de vivre : ce sont tes couleurs,
Bénédicte, harmonieusement mêlées à celle de Philippe.
Elles ne s’affadiront pas dans le cœur de
toutes celles et de tous ceux qui les ont vues chatoyer dans tes
yeux rieurs. Elles ne s’étioleront pas dans le cœur de toutes
celles et de tous ceux qu’elles ont réchauffés.
Ta vie, ta mort, nous disent la force et
l’éternité de l’amour. Tu arrivais, si bien, à nous en
convaincre, à nous en abreuver, sans rien attendre en retour!
Dons gratuits qui nous resteront de toi et qui
continueront de nous nourrir.
Alors que la lumière est toujours tout près de
s’éteindre, alors même que la vie toujours s’apprête à devenir
fumier, le printemps toujours renaît, qui n’en n’a jamais
fini ! Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe.
On entend le feu parler en riant de tiédeur !
Benedicte, toi qui fut une de nos consciences
sensibles. Toi qui, comme Philippe ne supportais pas
l’oppression, ni l’injure. Toi qui chantais en rêvant le bonheur
sur la terre. Tu rêvais d’être libre !
A nous de te continuer.